CALVAIRE DES PUCELLES
à CERNAY-LA-VILLE

avec l'aimable autorisation du Service Culturel de la Municipalité de CERNAY-LA-VILLE

Le 19 novembre 2006, après l’office dominical, le monument nouvellement dressé, témoin de la vie communale et paroissiale, est inauguré par René Mémain, maire de Cernay-la-Ville, accompagné du père Emmanuel Péteul, nouveau curé de Cernay-la-Ville

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Historique :

Le premier calvaire fut érigé en1896 au terme de trois semaines deMission (temps fort spirituel organisé par une paroisse avec le concours de prédicateurs extérieurs). La fin de la Mission se traduisait généralement par l’érection d’unmonument commémoratif, souvent un calvaire.
Comme l’aécrit l’abbé Georget, curé de Cernay à l’époque «L’endroit a été choisi en souvenir du gibet qui avait été dressé autrefois à cet endroit, et dont il reste encore des vestiges, et que la tradition nomme Pucelles par ce que cette potence n’aurait jamais servi.
La Croix, portée par les hommes de la paroisse, fut érigée le 9 février 1896 devant une foule estimée à 1500 personnes.
Le 26 avril, jour de la Première Communion, «on se rendit au pied de la tour de l’église où était déposé un magnifique Christ en fonte de deux mètres (des ateliers Denonvilliers à Paris) sur un brancard… A un signal donné les hommes soulevèrent ce brancard et on se rendit en procession, en chantant des cantiques, jusqu’à la Croix des Pucelles. Et là devant une foule évaluée à 2000 personnes, le Christ fut enlevé et cloué à la Croix.
Cette nouvelle manifestation de ferveur avait pourtant failli ne pas avoir lieu. Les élections municipales étaient en vue et l’anticléricalisme vivace chez une partie de la population et du Conseil Municipal. Des affiches avaient été placardées promettant «la venue d’une bande de révolutionnaires de Paris et d’ailleurs, qui sous prétexte de réunion électorale devaient culbuter la procession». Finalement, tout se passa dans le calme.
A noter que le maire de l’époque, Charles Cugnot, n’assista pas à la cérémonie…il en fut de même pour l’Adjoint et la majorité du Conseil Municipal


Le calvaire avec les ruines de l'ancienne potence

Il y a une trentaine d’années ce calvaire gênait l’extension de la carrière de sable ouverte à son pied vers 1950. Il fut déposé en 1977 et, sans la mobilisation de quelques personnes et en particulier celle de Dominique Julien Labruyère qui, dès 1976, avait donné l’alerte grâce à son article publié dans Les Nouvelles et intitulé «La fin du Calvaire des Pucelles», il a bien failli ne pas être relevé. La Municipalité prit en charge sa reconstruction et, comme pour le premier édifice, le duc de Luynes offrit la parcelle.

Le 28 mai 1978, dans un large élan communautaire, bien éloigné des malheureuses tensions de 1896, la nouvelle Croix fut dressée sur son socle.

A l’issue de l’office célébré par Mgr Simonneaux, évêque de Versailles et par le père Joseph, curé, le maire Alain Sarzotti, des adjoints et conseillers municipaux, le conseiller général Claude Dumont et de nombreux autres hommes de la commune, escortés par la foule, portèrent la nouvelle Croix en procession jusqu’à son nouvel emplacement.

Le temps passant, en dépit de l’attention discrète de mains anonymes fleurissant régulièrement le monument, un bras du Christ se détacha, offrant un désolant spectacle.

Une nouvelle fois, la commune entreprit la sauvegarde du Calvaire. Le Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse sollicité dans le cadre de la conservation du patrimoine local, apporta son concours généreux.

La restauration du Christ en fonte centenaire fut confiée à la fonderie de Coubertin de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, une nouvelle croix en chêne assemblée par les établissements Le Bihanic de Cernay et le socle consolidé et habillé de meulière par l’entreprise Do Amaral, également de Cernay.

Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et qui êtes chargés, je vous soulagerai.
(Saint Matthieu, chapitre XI)

Texte gravé sur la plaque scellée dans le socle en 1896 :

Bienheureux les pauvres car le royaume de Dieu est à eux
Bienheureux ceux qui pleurent car ils seront consolés.
Bienheureux ceux qui ont faim et soif de justice car ils seront rassasiés
Bienheureux les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde.
Bienheureux ceux qui ont le cœur pur car ils verront Dieu.

(Sermon du Christ sur la montagne, Saint Matthieu, chapitre V)

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